La loi de e Finances 2026 tunisienne : Un coup de pouce majeur à l’emploi des diplômés

Par : Kais fekih Expert comptable 

La Loi de Finances pour l’exercice 2026, adoptée par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) à la fin de l’année 2025, comprend une série de mesures sociales et économiques destinées à stimuler l’activité économique, soutenir les entreprises et réduire le chômage, particulièrement chez les jeunes diplômés.

1. Une mesure phare pour l’emploi des diplômés du supérieur

L’une des dispositions les plus significatives de la loi est l’introduction, à l’article 13, d’un mécanisme d’incitation à l’embauche des titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur dans le secteur privé.

Concrètement, à compter du 1er janvier 2026, l’État tunisien prend en charge une part importante des cotisations patronales dues à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour tout diplômé embauché à temps plein dans le secteur privé, selon un barème dégressif sur cinq ans.

2. Détail du dispositif de prise en charge

Le mécanisme adopté prévoit la prise en charge par l’État de la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale, répartie comme suit :

  • Année 1 : 100% de la cotisation patronale prise en charge
  • Année 2 : 80%
  • Année 3 : 60%
  • Année 4 : 40%
  • Année 5 : 20%

Une fois la cinquième année écoulée, la prise en charge cesse.

Cette mesure s’applique aux contrats commençant à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, sans restriction explicite à un premier emploi, ce qui en fait un dispositif plus large que certaines initiatives antérieures qui limitaient l’aide aux seuls débuts de carrière.

3. Conditions d’éligibilité

Pour bénéficier de cette prise en charge :

  • Le salarié doit être diplômé de l’enseignement supérieur.
  • L’embauche doit être réalisée dans une entreprise du secteur privé.
  • Le contrat doit débuter à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.

Certaines sources précisent que la prise en charge concerne la part de base de la cotisation patronale (≈16,57%), hors majorations supplémentaires ou cotisations liées aux accidents du travail, ce qui garantit un allègement immédiat des charges sociales supportées par l’employeur.

4. Objectifs et enjeux économiques

L’objectif affiché de ce dispositif est double :

  • Encourager l’intégration professionnelle des diplômés, dont le taux de chômage a longtemps constitué un défi structurel pour l’économie tunisienne ;
  • Alléger le coût du travail pour les entreprises privées, en rendant le recrutement de profils qualifiés plus attractif et soutenable, notamment pour les PME.

Selon des reportages, une enveloppe budgétaire d’environ 37 millions de dinars a été réservée pour soutenir ce type de mécanismes d’aide à l’emploi, renforçant l’engagement financier de l’État à hauteur de ses ambitions sociales.

5. Compléments législatifs et CNSS

Dans le même mouvement, l’article 14 élargit les interventions du Fonds National de l’Emploi, notamment pour financer des programmes de formation et de montée en qualification, allant au-delà de la simple exonération de cotisations sociales.

Ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de renforcement du rôle social de l’État et d’une volonté affichée de lutter contre le chômage des jeunes diplômés tout en améliorant l’attractivité du tissu économique national.